Académie française

L'ACADÉMIE FRANÇAISE


La création de l'Académie française

En 1633, François Le Métel, abbé de Boisrobert, secrétaire du cardinal de Richelieu, présente à ce dernier un groupe de bourgeois, intelligents et cultivés dont il fait partie. Ces érudits se réunissent chaque semaine chez Valentin Conrart, secrétaire du roi, où ils discutent de littérature, de belles-lettres et échangent des idées sur les questions du jour.

Richelieu, d'un naturel méfiant, invite cette société de gens de lettres à se réunir de façon plus systématique sous une autorité publique et à former ainsi un corps. Son goût des règles structure et encourage le mouvement mais exerce sur lui une tutelle plus rigoureuse.
La nouvelle assemblée doit augmenter le nombre de ses membres. Le cénacle passe ainsi de 9 à 12 puis à 34 membres. Le 20 mars 1634, Richelieu lui donne le nom d'Académie française et Conrart en devient le premier secrétaire perpétuel jusqu'à sa mort en 1675.

Le 29 janvier 1635, les lettres patentes qui officialisent l'Académie française sont signées par Louis XIII. Son rôle et ses moyens sont précisés dans des statuts le 22 février. Pensée par Richelieu comme un organe de juridiction, de contrôle et de règlementation, l'Académie sera en fait, dans son esprit, un instrument de politique intérieure destiné à favoriser l'unification du pays en poursuivant les objectifs de l'ordonnance de Villers-Cotterêts, qui rendait obligatoire l'usage du français dans tous les actes administratifs. La principale fonction de l'Académie sera "de travailler avec tout le soin possible à donner des règles certaines à notre langue, à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences".
L'Académie aura donc pour mission le perfectionnement de la langue française: pour cela, elle devra composer un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique (art. 26). Il n'est pas question de littérature, mais seulement de linguistique.